Place à l’écriture

Kassandra (Ecriture automatique 6/10/25 7:55)

Le soleil se lève sur la plaine.

« La routine … » se dit, avec justesse, Kassandra.

Impossible de faire la différence entre le doré du sable s’étendant à perte de vue et celui du soleil montrant ses premiers rayons, déjà puissants, annonçant une journée de chaleur extrême;  rien d’inhabituel jusque là.

Cela faisait deux ans, jour pour jour, depuis qu’elle avait décidé de migrer ici.

Migrer était le mot approprié pour une jeune femme noire européenne, ayant vécu la majorité de sa vie dans le froid polaire de l’Islande.

Elle avait décidé du jour au lendemain, que le climat et la solitude dans lesquels elle était née était passés de date pour elle, et sortis de sa zone de confort.

Pourtant, jusque là, une seule chose avait changée : le climat.

La solitude, elle, avait la peau dure, chez n’importe lequel de ses hôtes.

« C’est ainsi. », murmura K.

Elle avait un choix de communication plutôt restreint, presque monosyllabique, bien que son lexique fut riche, mais elle demeurait souvent suspendue entre ses pensées bouillonnantes habituelles et le vent fin soufflant sur le sable lui soufflant des idées secrètes et dissimulées.

Elle avait nécessairement appris à l’écouter et à le comprendre, sans pour autant le dompter.

Là résidait la plus grande beauté qu’elle avait trouvé en la solitude.

Ce voeu de silence à rallonge au mieux bénéfique et de moins en moins subi.

Un inconvénient à ce silence était qu’il la ramenait néanmoins souvent à des souvenirs d’antan, de manière si soudaine qu’elle avait le plus souvent l’impression d’être habitée, ou justement dépossédée, comme volée de sa vie d’avant, entre les « after-work parties » de la boîte dans laquelle elle avait si sévèrement travaillé pendant 10 années consécutives, acharnée, ou entre les roof-tops entre collègues, soirées arrosées mais assez sobres pour rester suffisamment consciente des regards examinateurs posés sur elle de temps à autre. Elle avait littéralement tout donné à cette boîte pour pouvoir triompher d’une ascension fulgurante et d’un salaire assez flamboyant, bien que la coutume locale voulait que rien de tout cela ne se laisse paraître.

Elle avait atteint le déclic pour cette raison même.

Cette question vertigineuse, « Et ensuite ? ».

Qu’y avait-il de plus à déduire de sa carrière qui parlait d’elle-même, de ses éloges et prix récoltés lors de ses études de droit qui l’avait finalement conduite à opter pour la spécialisation dans l’analyse juridico-financière d’entreprise ?

Que cela disait-il de sa personne, de sa place, de sa personnalité et de ses réelles ambitions, en dehors d’un bureau ?

Elle avait eu des collègues à son travail, rarement des amis, et elle s’en plaignait peu, son père l’avait toujours mise en garde de son vivant de la misère qui pouvait suivre le besoin urgentiste de compagnie.

Aussi quand elle décida de quitter tout ce train de vie répétitif, elle n’avait pas exactement eu de foule à saluer ou à pleurer, si ce n’était sa vieille chambre, sa bonne chambre qui s’était revêtue au fil des années de ses peintures et dessins de tous genres et périodes, comme la tapisserie de son subconscient, en exposition juste pour elle.

L’on aurait dû y être invité pour pouvoir espérer mettre la main sur au moins une information personnelle la concernant elle et ses pensées.

C’est pour cela qu’elle s’était donné pour mission de quitter son lit natal afin de quérir à l’extérieur ce qu’elle aurait aimé être capable de ressentir naturellement à l’intérieur : l’amour.

Léger froncement de sourcils. Au moins, l’attache.

Et elle était ici, dans le Sahara, pour cette exacte raison, avec personne à qui elle ne manquerait, aucun lien émotionnel et une appétence pour l’analyse héritée de son père et à l’origine de son choix de carrière.

Elle n’avait de toute manière plus aucune roue de secours ni de possibilité de retour en arrière puisque si elle retournait en Islande, dans sa ville et dans son appartement, elle ne retrouverait rien qui en avait fait un chez-elle, les murs blancs frottés avec obstination et exaspération à cause de sa propriétaire assez raide qui « aimait les choses bien faites », une allemande.

« Bonne femme », soupirai-t-elle, entre mélancolie et lassitude.

Ce genre de pensées sans fin lui faisait rarement de bien puisqu’elle en avait un souvenir honnêtement peu grandiose.

Par contre, il lui prenait de la mémoire, et ça, elle en avait marre.

Un regard autour d’elle, cet ensemble uniforme devenu son quotidien, lui suffisait à calmer le rush incessant, au moins le temps d’un instant. Elle pensait à cette bande-son qu’elle aimait écouter, ‘Paradise’ de Sade, quand sa batterie solaire avait fini de charger le petit MP3 dont elle s’était permis de se munir avec son petit baluchon de vêtements et son filtre à eau. Elle pensait aussi aux chanteurs de jazz de groupes tuaregs qu’elle s’était étonnée d’apprécier alors qu’elle faisait un voyage en Angleterre, à un concert de Diawara, prémonition peut-être ?

I’m Keyla

Welcome to K’s SG, my cozy place displayed on the internet and for the world to see, dedicated to my heart. Here, I invite you to disconnect while being online (hum ik quite the challenge) whereas you join me on a journey of creativity, discovery, insights, with a touch of fun !